Afro-Beat | Nigeria
Seun Anikulapo Kuti

Seun Kuti & Egypt '80

 

Seun Anikulapo Kuti possède la grâce, l’énergie et la furie de Fela. Avec les musiciens d’Egypt 80, le légendaire groupe de Fela, il fait revivre la plus originelle incarnation de l’Afro beat.

Tout est là : le geste, le phrasé, la solidité des cuivres, le groove incomparable des percussions et des voix d’Afrique. Étonnant de maturité, Seun explose sur scène, tant dans le répertoire de Fela que dans ses propres compositions. Le concert du 29 juillet 2005 aux Nuits de Fourvière à Lyon a été ovationné par un public pleinement conquis.

Album “From Africa with Fury: Rise”  Nouvel album avril 2011

Myspace de Seun Kuti : myspace.com/seunkuti


BIOGRAPHIE

Avec From Africa With Fury: Rise, Seun Anikulapo Kuti mène Egypt 80, formation d’exception auparavant dirigée par son célèbre père. Ce nouvel album résolument puissant succède à Many Things, un premier opus sorti en 2008 sous les louanges de la critique et qui a fait l’unanimité désignant Seun comme le digne héritier de Fela. Avec From Africa With Fury: Rise, fort de chansons et d’un son mêlant provocation et aplomb, Kuti trouve sa voix singulière en tant qu’auteur-
compositeur-interprète et leader de groupe.

Produit par Brian Eno, John Reynolds et Seun lui même, avec des productions additionnelles de Godwin Logie, et mixé par John Reynolds et Tim Oliver, ce nouvel album restitue pleinement la puissance extraordinaire de Seun et Egypt 80 avec ces rythmes torrides et cette énergie funk débordante qui ont valu au groupe – toujours sous l’égide du saxophoniste alto Lekan Animashaun – d’être salué dans le monde entier comme l’une des formations actuelles les plus percutantes sur scène. Des chansons comme “African Soldier” et “Mr. Big Thief”, fortes de refrains très accrocheurs, de tempos extrêmement rapides et de textes d’actualité engagés, interprétées par un Sean Kuti d’une vigueur impressionnante inscrivent résolument le son d’Egypt 80 dans la modernité. “Je voulais faire quelque chose de complètement différent,” confie Kuti. “Sans chercher essayant à sonner américain ou européen, mais juste en réalisant un album très différent de son prédécesseur. Vu que Many Things était ma première réalisation, je n’étais pas aussi déterminé dans mes choix. Cette fois, en revanche, je me suis dit : ‘Je suis capable de m’affirmer davantage, je peux dire ce que je veux, sans chercher à simplifier.’”

Doutant que les studios de sa ville natale de Lagos au Nigeria soient à la hauteur de ses ambitions, Sean a d’abord enregistré une première version de ces nouveaux titres à Rio de Janeiro au studio Dos Tecnicos avec aux commandes le producteur/mixeur chevronné Godwin Logie (Steel Pulse, Horace Andy). Au cours de l’automne 2010, il s’est ensuite rendu à deux reprises à Londres pour y réaliser le mix avec deux pointures de la profession, Brian Eno et John Reynolds. Brian Eno – un fan conquis puisqu’il avait déjà invité Kuti et son groupe en 2009 au Luminous Festival de Sydney et en 2010 au Festival de Brighton – ne tarit pas d’éloges sur Seun et son groupe, qu’il considère comme “l’une des meilleurs formations de scène du moment, l’une des plus puissantes et des plus barrées."

Quant à John Reynolds, le coproducteur (qui a collaboré en tant que musicien, producteur et remixeur, avec des artistes comme Sinéad O’Connor, U2 et Natacha Atlas), il n’en pense pas moins, comparant l’Afrobeat bien particulier de Sean Kuti et Egypt 80 à “une montée d’adrénaline musicale”. “Des beats, des cuivres et des chants de toute beauté, concoctés avec le plus grand soin et interprétés avec une puissance rare. Doté d’une force incroyable, Seun a aussi une grande âme qui ne laissera certainement pas insensibles tous ceux qui le rencontreront.”

Seun Kuti est tout aussi élogieux à l’égard de ses coproducteurs, rappelant que si “Brian Eno est ‘Brian Eno’ c’est pour une bonne raison : il possède une qualité musicale exceptionnelle, il est capable d’ajouter de nouvelles dimensions au son. Il m’a montré d’autres façons d’ouvrir le son auxquelles je n’avais jamais pensé. Je dis cela sans pour autant dénigrer le travail de John Reynolds, qui est également un producteur incroyable. Je suis vraiment ravi d’avoir pu travailler avec eux sur cet album.”

Brian Eno, John Reynolds et Seun Kuti ont incorporé des espaces de respiration dans les enregistrements effectués à Rio, permettant au son de se développer parmi l’enchevêtrement de rythmes et de mélodies. D’autres titres - interprétés par Brian Eno, John Reynolds, le guitariste Justin Adams (Robert Plant, Tinariwen), le clavier Julian Wilson (Grand Drive, Belinda Carlisle) et le guitariste Leo Abrahams (Florence + The Machine, Brett Anderson, Bryan Ferry) – agrémentent l’Afrobeat archétypal d’Egypt 80 de saveurs musicales différentes. Si Seun Kuti n’a de cesse d’encenser ses collaborateurs, il souligne également que les chansons de From Africa With Fury: Rise ont été écrites plus d’un an avant leur enregistrement après avoir été interprétées sur scène à moult reprises. L’étape de l’enregistrement, malgré tout le savoir faire que nécessite le travail en studio, ne constitue pour lui qu’un moyen de restituer la magie de sa musique pour la postérité. “L’Afrobeat est une musique qui doit passer de la scène au studio, pas du studio à la scène,” dit-il. “Je ne crois pas qu’il soit possible d’écrire des chansons en studio. La musique se crée dans la vie, à l’extérieur, dans notre environnement. On crée de la musique avec la nature, pas en studio. Le studio sert uniquement à enregistrer. La musique qui a été créée en studio est commerciale et uniquement destinée à faire des ventes, mais elle n’a rien à voir avec le monde qui nous entoure.”

Né en 1983, Seun a commencé à se produire avec Egypt 80 à l’âge de neuf ans, en reprenant des chansons de son père pour le plus grand bonheur du public. Après la mort de Fela en 1997, Seun a repris la tête du célèbre groupe, en tant que

chanteur principal et saxophoniste. Si l’on ne peut minimiser l’influence de son père, Seun était déterminé à tracer sa propre voix musicale, intégrant des influences contemporaines dans l’Afrobeat traditionnel : “Ce qui m’inspire, c’est l’époque dans laquelle je vis,” explique-t-il. “Ce qui se passe en Afrique aujourd’hui, c’est en gros la même chose qu’il y a 40 ans lorsque mon père écrivait des chansons, à la seule différence que ça ne se déroule plus de la même manière. J’écris donc des chansons du point de vue d’un type de 27 ans en 2011 et non de celui d’un trentenaire des années 70.”

Seun se retrouve malheureusement condamné à combattre les mêmes injustices que son père, qui se plaisait à épingler les dirigeants vénaux, la junte militaire ou évoquait le combat toujours vain contre la drogue. Peut-être que le cri de guerre le plus explicite de l’album est “Rise”, un titre cinglant dans lequel Kuti incite les auditeurs à résister “aux compagnies pétrolières” qui “utilisent notre pétrole et détruisent nos terres,” “aux compagnies diamantaires” qui “se servent de nos frères comme des esclaves” et “aux sociétés comme “Monsanto et Halliburton” qui “utilisent leurs aliments pour affamer mon peuple”. Mais si Fela lançait toujours un appel explicite à la révolution, l’objectif de Seun est plus subtil. Il envisage son rôle davantage comme celui d’un éducateur, qui n’hésite pas à dire des vérités aux puissants afin de sensibiliser les consciences et de susciter des débats chez ses chers compatriotes : “Aujourd’hui en Afrique, la plupart des gens luttent en silence,” déclare Seun Kuti. “L’oppression systématique les a aveuglés par rapport à la réalité qui les entoure. Ils ne pensent tous qu’à survivre. Plus personne n’est prêt à se battre pour quoi que ce soit, tout le monde ne fait que courber l’échine. J’essaye d’amener les gens à y réfléchir et à ne pas oublier. Je veux les pousser à s’engager pour que les choses changent.”

Seun Kuti veut s’adresser à la nouvelle génération de jeunes Africains nés après les années de gloire de son père. S’il y a bien une chose qu’il a appris de ce dernier, c’est que nul autre qu’un véritable artiste n’a autant d’impact sur le cœur et l’esprit des gens. La musique contestataire et puissante de From Africa With Fury: Rise est une sorte d’antidote musical à la pop aseptisée qui selon lui pollue les ondes africaines empêchant ces citoyens de s’intéresser à l’essentiel : “La musique a un impact important sur ce que ressentent les gens,” déclare-t-il. “C’est son rôle. La pop d’aujourd’hui ne parle que de moi, moi, moi. Personne ne s’intéresse à nous. Pourtant, rien ne changera si nous ne nous prenons pas soin de nos frères et de nos sœurs.”